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  • Les émotions de nos enfants à l'école


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    C'est une chose qui me frappe cette négation des émotions des enfants. Le jour de la rentrée est pour moi un bon exemple de tumultes émotionnels, partagé entre excitation de quelque chose de nouveau, angoisse de séparation et d'inconnu. Pour mon aîné je pensais rester un peu, le temps de le laisser s'acclimater à ce nouvel endroit mais j'ai de suite été interpellé par "Vous devriez partir, plus vous resterez, plus ça sera dur" et une tentative de rester encore un peu échoue, on nous pousse vers la sortie. Alors, pour la première rentrée de mon aîné j'ai du rester 5 minutes et je suis partie le cœur déchiré de voir la panique dans ses yeux. Et pourquoi en début d'année ne prendrions nous pas le temps justement de les aider à passer cette étape de la rentrée ? A appréhender cette pièce avec tous ces enfants, à écouter comment ils se sentent ?

    Beaucoup pensent qu'en s'arrêtant sur ces émotions nous les amplifions, alors moins nous y faisons attention mieux c'est et surtout moins ça dure longtemps. C'est une croyance qui s'appuie sur l'efficacité, puisque cela cesse. D'ailleurs pourquoi ce besoin que ça cesse ? Cela titille t-il quelque chose en nous ?

    Regardons d'un peu plus près... Que font les enfants finalement face à ce désintérêt ? Ils ravalent, ils ravalent leurs émotions en les gardant à l'intérieur tel un bouillon de culture. Et pourtant ça ne demande qu'à sortir, voire même à exploser. C'est ainsi que les enfants, dès leurs plus jeune âge, apprennent à nier les émotions, les leurs et par conséquent celles des autres. Il ne s'agit pas juste de repérer des petits bonshommes tristes, joyeux ou en colère mais bien de les écouter, de les formuler en message "Je me sens" et de comprendre ce qui se passe intérieurement. Un enfant ne pleure ou ne se met jamais en colère pour rien, il y a toujours un besoin profond derrière qui perturbe tout son être, il ne réagit qu'à ce qu'il sent.Un enfant peut même se pousser inconsciemment à bout ou éclater pour quelque chose qui nous semble dérisoire, "Oh, mais tu pleures juste pour ça ?", c'est en fait la goutte dont le vase avait besoin pour enfin déborder, le "biscuit cassé".

    Pris dans leurs colères et dans leurs frustrations les enfants peuvent ne plus se montrer coopérants voir même opposants, l'écoute ne réglerait pas tout, mais elle nous soulagerait de beaucoup de comportements inadaptés, les enfants prendraient conscience de ce qui leur arrive et pourrait le formuler et l’exprimer de manière acceptable, tout en acceptant qu'au début il leur soit normal de ne pas y arriver. C'est en expérimentant que l'on y arrive et cela peut prendre du temps. Même nous, adultes, avons besoin d'exprimer notre colère, nos tristesses , nos déceptions, etc... Les larmes, les cris ou même les rires sont de bonnes décharges qui font tellement de bien et laissent sortir la tempête, c'est un deuil en fait. Nous avons à faire à de multiples deuils dès notre plus jeune âge.

    Les émotions nous permettent de se sentir "soi". Sentir justement, lorsque nous nions les sentiments des enfants en leurs disant un "Mais cela ne fait pas si mal voyons !", nous leurs enseignons, sans en avoir forcément conscience, qu'ils ne peuvent pas faire confiance à leurs ressentis. Que ce qu’ils ressentent est faux et que l'adulte sait mieux qu'eux. Nous créons une dépendance au lieu d'une autonomisation.Nous leurs apprenons à jouer des rôles d'enfants fidèles aux attentes de l'adulte et un rôle ce n'est pas être sois ce n'est pas avancer à son propre rythme selon sois.Oublions les "Ce n'est pas si grave!" car si pour nous ça ne l'est pas, pour lui ça peut très bien l'être.

    Nos émotions sont des guides intérieurs et nous indiquent que quelque chose ne va pas. Elles ne devraient pas être des ennemies mais des alliées.

    Bon c'est bien joli tout ça, me direz -vous, mais que faire alors ? Tout d'abord évitons les "Pourquoi tu.." qui pourrait bloquer l'enfant qui sent juste que ça ne va pas, le pourquoi devient bien trop compliqué, un "Que ce passe t'il ?" est plus axé sur ce qu'il ressent que sur le pourquoi du comment.Un regard, prendre la main est un premier contact pour dire, montrer notre écoute. On peut mettre des mots en décrivant ce que l'on voit sans jugement tel que "Je vois que tu es contrarié/triste/en colère". Il n'est pas forcément nécessaire de parler, on peut écouter en silence ou juste montrer avec des signes qui signifient à un enfant que l'on écoute jusqu'au retour au calme.

    Exprimer ses émotions c'est pouvoir dire "Je" , être "soi", sentir, grandir et s'autonomiser. C'est bien cela que l'on attend de l'entrée à l'école. Devenir élève consiste bien à respecter les règles, les autres et à devenir autonome et cela commence avant tout par soi. Il n'est d'ailleurs jamais trop tard pour se mettre à l'écoute des émotions, mais gardons bien à l'esprit que plus nous nous y mettons tard, et plus difficile ce sera, car on ne peut pas attendre d'une personne, adulte ou enfant, qui a nié ses émotions de pouvoir s'en libérer d'un coup. Apprenons les émotions et comment les traverser à tous, les atsems, les maîtresses et même les parents.

    Accompagnons nos enfants ensemble.

    J.V